Quel est le sens de la fête de l’Epiphanie ?

Après les bergers des environs de Bethléem, voici des Mages qui arrivent de loin. Le Fils de Dieu vient vraiment pour tous. Il vient révéler et offrir l’amour éternel de son Père à tous les peuples et à chaque personne. Voilà le sens de la fête de l’Epiphanie. Depuis les Pères de l’Eglise (ces premiers commentateurs de la Bible) jusqu’à aujourd’hui, d’innombrables commentateurs ont approfondi le message de l’Epiphanie. Le dernier en date faisant autorité est celui de notre Pape Benoît XVI, dans le livre qu’il vient de publier L’enfance de Jésus1. Je vous invite vivement à lire les quelques pages de sa belle méditation sur la venue des Mages à Bethléem. A la profondeur spirituelle, le Saint Père ne manque pas d’ajouter les précisions historiques et scientifiques nécessaires.

Les Mages ont été conduits jusqu’à Jésus par une étoile. Aussi loin que je puisse remonter dans ma vie de chrétien, je reconnais que je me suis toujours intéressé à cette étoile en me demandant : « Et toi, quelle est l’étoile qui te conduit au Christ, qui te permet de le découvrir, de le connaître, de le rencontrer ? » Ma réponse est maintenant claire et certaine : l’étoile qui conduit au Christ, c’est l’Eglise. Je ne peux pas connaître le Christ sans l’Eglise, je ne peux pas être son disciple et vivre en chrétien sans l’Eglise.

L’Eglise est l’étoile qui me fait connaître le Christ et me conduit à Lui par l’enseignement des successeurs des Apôtres, par la Parole de Dieu et les sacrements, par le témoignage des saints de tous les temps, par le soutien fraternel que nous nous apportons dans notre aumônerie ou notre mouvement scout, notre paroisse ou notre groupe de prière ou encore lors de pèlerinages, retraites, sessions et rencontres diverses. Grâce à l’Eglise, chaque jour, comme les Mages en route vers le Christ, je le reconnais Fils de Dieu, je vis avec Lui et de Lui. La foi chrétienne est un chemin et en même temps un acte de confiance et d’adhésion au Christ.

Cette Eglise reste toujours mon étoile malgré ses faiblesses. Les erreurs, les infidélités, les scandales de certains de ses membres me font souffrir, mais me rappellent d’une part que, moi aussi, parfois je suis infidèle et, d’autre part, que l’Eglise est un rassemblement de pécheurs toujours en voie de conversion. Je ne dois donc pas m’étonner de « trouver du linge sale dans une laverie », comme l’écrivait Monseigneur Albert Rouet.

Peut-être qu’à certains moments, vous prenez vos distances avec l’Eglise, vous laissez tomber la messe du dimanche, vous n’allez plus aux réunions de l’aumônerie, etc. C’est peut-être tout simplement de la paresse ou le début d’une gentille petite vie égoïste. Retournez vite dans votre milieu naturel qu’est l’Eglise si vous voulez vivre avec le Christ. Mais peut-être aussi êtes-vous accablés par une grande épreuve morale ou physique. Alors je vous laisse cette pensée d’Antoine de Saint Exupéry : Le voyageur qui franchit la montagne en direction d’une étoile, s’il se laisse trop absorber par ses problèmes d’escalade risque d’oublier quelle étoile le guide. Quoi qu’il arrive, n’oubliez pas l’Eglise – Etoile ! Elle brille toujours malgré nos ombres. Quels que soient nos problèmes d’escalade, elle est la seule qui conduit à ce sommet qu’est le Christ et nous donne de quoi vivre de Lui.

+ Gérard Daucourt

Evêque de Nanterre

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