Aujourd'hui notre Seigneur Jésus Christ Roi de l'Univers - Solennité du Seigneur

 

Nous célébrons la fête du Christ Roi. C’est le dernier dimanche de l’année liturgique. Qu’est-ce que cette fête ?

Un peu d’histoire

La fête du Christ Roi a été instituée par le pape Pie XI (encyclique Quas primas du 11 décembre 1925). Cette fête fut d’abord célébrée le dernier dimanche d’octobre. Plus récemment, elle a été déplacée pour être mise le dernier dimanche de l’année liturgique (dimanche avant le début de l’Avent).

Cette période lui convient bien, dans la mesure où les lectures bibliques des derniers dimanches de l’année mettent l’accent sur la fin des temps et le terme du pèlerinage de l’Eglise.

Jésus parlait déjà de sa royauté

Déjà dans l’évangile parlait de sa royauté : « Ma royauté ne vient pas de ce monde ; si ma royauté venait de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d’ici. » (Jn 18, 33b-37)

Sa royauté ne vient pas de ce monde. Elle n’est pas un pouvoir terrestre : elle ne s’impose pas par la force et la domination sur les autres. Néanmoins si sa royauté n’est pas d’origine humaine, elle concerne les hommes. Elle interpelle toute la création.

En réalité, nous ne pouvons pas dissocier la royauté du Christ avec sa mort et sa résurrection. Les dernières paroles du Christ ressuscité dans l’évangile de saint Mathieu sont explicites : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples. Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps ».

Dire que le Christ est Roi :

- C’est accueillir quelque chose qui nous dépasse et qui nous invite à être en communion avec Dieu.

- C’est reconnaître que l’amour du Christ lui donne tous les droits ; c’est reconnaître que le Christ a le droit de nous aimer comme il veut, autant qu’il veut.

- C’est reconnaître que toute la création est transformée dans le Christ. Tout l’univers est renouvelé dans la mort, la résurrection et la montée aux cieux du Christ.

Quelle royauté ?

Parler du Christ Roi de l’univers, c’est parler de quelle victoire ? Sur quel royaume Jésus règne-t-il ? Depuis quel trône le Christ exerce-t-il son pouvoir ? Au sommet de quoi est-il ?

Son trône, c’est le croix. Le sommet, c’est le calvaire de la crucifixion. Selon nos catégories humaines, la royauté du Christ n’est que dérision. Le roi, le plus grand, le plus fort, le vainqueur est pendu à un morceau de bois. Il ne tient pas son sceptre dans la main. Il est attaché comme un criminel à la croix.

Quel scandale et quelle horreur ! Comment pouvons-nous croire en un tel roi !

Selon l’année liturgique, l’évangile du dimanche du Christ Roi de l’univers nous décrit la mort de Jésus sur la croix. C’est Saint Luc qui nous raconte les derniers instants de la vie terrestre de Jésus de Nazareth. Les soldats qui surveillent les condamnés le raillent, se moquent de lui. « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » On avait même mis un écriteau au dessus de sa tête : « Celui-ci est le roi des juifs. » Il est bien affublé comme cela celui que les foules acclamaient peu de temps auparavant. Elles voulaient même le faire roi, un roi politique.

Et pourtant, parmi les deux condamnés qui accompagnent Jésus sur une croix, l’un d’entre eux va reconnaître la royauté de Jésus : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne. » Jésus va répondre à l’appel de ce supplicié : « Amen, je te le déclare : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. ». Lorsque l’Eglise célèbre la fête du Christ Roi de l’univers, elle proclame que tout est transformé dans la mort, la résurrection et la montée aux cieux du Christ. L’Eglise confesse que tout l’univers a été créé à l’image de Jésus-Christ, le Fils unique du Père. Il est la Sagesse du monde en qui tout a été fait et vers qui tout s’achemine. Dire le Christ Roi de l’univers, c’est dire que tout prend fin en Jésus-Christ. Nous sommes tous destinés à le rejoindre dans son royaume.

Toute la création est appelée

Toute la création est appelée à être transformée par le chemin du Christ. Ce chemin est un chemin d’amour, de disponibilité totale pour les autres, d’abandon entre les mains du Père, de vie dans l’Esprit.

Un des premiers évêque de Lyon, Saint Irénée exprime cette transformation en disant que tout est récapitulé en Christ. Il parle de récapitulation en Christ. Dans récapitulation, il y a caput, c’est à dire tête. Le Christ devient tête de tout l’univers.

Non seulement les hommes et les femmes seront transformés au terme de la vie de l’univers.. Les animaux, les plantes et toute matière seront transformés, traversés par la lumière du Christ ressuscité.

Chrétiens, nous avons parfois oublié que le Christ a annoncé son retour dans la gloire. Après avoir élevé le pain et le vin, corps et sang du Christ, nous chantons dans la liturgie : « Nous . proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. »

La fête du Christ Roi de l’univers vient dire cette venue dans la gloire du Seigneur Jésus.


Source : Mgr Jean-Luc Bouilleret

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