Bénédicité : et si on s’appuyait sur la parole de Dieu ?

Pour aider les familles en mal d’inspiration pour le bénédicité, les Sœurs de Saint-Jean viennent de publier un Livret des bénédictions du repas, centré sur la parole de Dieu. Une initiative qui nous ramène aux fondamentaux de la foi.

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« Bénissez-nous, Seigneur, bénissez ce repas, ceux qui l’ont préparé, et donnez du pain à ceux qui n’en ont pas »
Chez Paul et Axelle Duverger, on récite (presque) toujours le même bénédicité. Ce qui lasse Louis-Marie, leur fils : « À la fin, cela fait rengaine ». Les Duverger sont-ils un cas isolé ? Il paraît que non : à part les familles baignant depuis longtemps dans la marmite scoute (qui grouille de bénédicités), et une pincée de familles créatives, la majorité avoue manquer d’idées au moment de passer à table.

Du plus traditionnel à celui des potaches
C’est ce qui a incité les sœurs de laCommunauté Saint-Jean de Cenves, dans le Rhône, à concocter un précieux Livret des bénédictions du repas*. Son objet n’est pas de proposer une compilation des bénédicités existants, des classiques (« Seigneur, bénis cette table ») aux pas toujours adaptés (« Bénissez, Seigneur, la table si bien parée) », en passant par les (un petit peu) démodés (« Bénis le labeur des paysans de France»), voir les bénédicités de potaches, un tantinet irrespectueux… Mitonné comme un bon petit plat, ce carnet joliment illustré propose au contraire une prière de bénédiction pour chaque jour de la semaine, en s’appuyant sur la parole de Dieu, nourriture et fondement de la vie de foi, comme l’a rappelé le concile Vatican II.

La nourriture, si présente dans la Bible
« La Bible contient tant de passages sur la nourriture »
, soulignent les auteurs du livret, qui en présentent un florilège. Ainsi, l’histoire du prophète Élie, nourri par un ange pendant sa marche jusqu’à l’Horeb. Ou celle de la veuve de Sarepta, sur le point de mourir de faim avec son fils. Dieu lui demande cependant, par la bouche de son prophète, de faire la charité à ce dernier, avant de déclarer : « Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra… ». Histoire, encore, des fils d’Israël affamés dans le désert et à qui Dieu dit : « Voici que du ciel, je vais faire pleuvoir du pain ». Il tient promesse en envoyant chaque jour la manne céleste, qui préfigure l’Eucharistie. Là et ailleurs, Dieu apparaît comme un père nourricier, qui sait que l’homme ne vit pas seulement de toute parole sortie de sa bouche, et ne laisse pas ses enfants mourir de faim. Plus tard, c’est le Christ lui-même qui nourrit les foules ou ses disciples, avec du pain et du poisson. Et qui pousse la délicatesse à régaler du meilleur vin les invités aux noces de Cana. Avant de se donner lui-même en nourriture, jusqu’à la fin du monde, pour ne faire qu’un avec chacun.

Bénédiction, grâce et intercession
« Le bénédicité, 
poursuivent les Sœurs de Saint-Jean, a une double fonction. La première, demander à Dieu, maître de toutes choses, y compris les plus ordinaires, de bénir, c'est-à-dire de sanctifier, notre repas. Nous marquons ainsi notre volonté de vivre en tout sous son regard. La deuxième, le remercier de cette nourriture qu’il nous donne, car tout vient de Lui ». Mais beaucoup n’ont pas la chance de manger à leur faim. D’où une troisième fonction pour cet acte simple de la vie chrétienne : l’intercession pour ceux, nombreux, qui n’ont rien.

Vivre chaque bénédicité en relation avec la parole de Dieu nous raccroche aux fondamentaux de la foi : 
• la paternité de Dieu, qui déclare « Je serai pour vous un Père, et vous serez pour moi des fils et des filles »
• la charité, qui s’exerce à travers la prière et le partage
• le lien entre les deux nourritures de la vie chrétienne : l’eucharistie et la Parole. Elles sont inséparables, comme l’exprime le Père François-Marie Léthel, secrétaire de l’Académie pontificale de théologie, à travers cette formule : « Jamais la Bible sans l’eucharistie, et jamais l’eucharistie sans la Bible »
• sans oublier le fécond abandon à la divine providence, rappelé par les Sœurs de Saint-Jean, qui savent de quoi elles parlent : pour le couvert, elles vivent de la charité, dans la grande tradition des ordres mendiants tels les franciscains ou les dominicains. Peut-être est-ce là le secret de cette nourrissante initiative ?

Élisabeth de Baudoüin


*Livret des bénédictions du repas, 6 €. Sœurs de Saint-Jean, Maison Saint-Joseph, 69840 Cenves. Tél.: 04 74 04 66 40.

 

Source : Famille Chrétienne

Le bénédicité, toujours actuel

« Il est nécessaire dans nos familles chrétiennes d’enseigner aux petits à remercier toujours le Seigneur avant de prendre la nourriture avec une brève prière et le signe de la croix. »

Benoît XVI

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