Deo, un séminariste venu d’Inde

POUILLY-EN-AUXOIS. EN INDE, LE CHRISTIANISME REPRÉSENTE 3 % DE L’ENSEMBLE DES RELIGIONS.

Deo est en France dans le cadre d’un échange entre sa paroisse indienne et la paroisse de Dijon. Photo Pascale Thibeaut

Deo est en France dans le cadre d’un échange entre sa paroisse indienne et la paroisse de Dijon. Photo Pascale Thibeaut

Grâce à un échange entre les diocèses de Tuticomin (Inde) et Dijon, Deo, jeune séminariste indien, effectue son insertion pastorale dans les paroisses de ­Bligny et Pouilly.

La paroisse de Pouilly a accueilli il y a un an un jeune séminariste indien en insertion pastorale. Le jeune homme, qui parle plutôt bien le français, nous a accordé un entretien à la cure de Pouilly.

Pouvez-vous vous présenter ?

« Je m’appelle Deo, j’ai 25 ans. Je viens du sud de l’Inde, à 400 km de Pondichéry. Je poursuis actuellement ma formation de prêtre en France. »

Pourquoi avoir choisi la prêtrise ?

« Ma famille est catholique. En Inde, le christianisme est très minoritaire, il représente environ 3 % de l’ensemble des religions du pays (1), mais il est assez présent dans le sud. J’ai eu la vocation dès l’enfance, je n’ai jamais changé d’avis. »

Quel a été votre cursus ?

« Je suis entré au petit séminaire à 15 ans, puis au grand séminaire où j’ai fait deux ans de philosophie avant d’être envoyé en mission pastorale pendant un an dans l’Himalaya. À mon retour, mon évêque m’a proposé de me rendre en France comme séminariste, dans le cadre d’un échange entre mon diocèse indien de ­Tuticomin et le diocèse de ­Dijon. Je suis arrivé en juin 2010. Au début, j’ai suivi des cours à l’université pour améliorer mon français. En septembre 2011, j’ai commencé la théologie au séminaire d’Orléans, l’un des trois établissements où on forme les séminaristes du diocèse de Dijon. »

Que faites-vous à Pouilly ?

« Pouilly et Bligny sont mes paroisses d’insertion en tant que séminariste, j’y suis deux week-ends par mois. C’est une sorte de stage, qui va durer sans doute encore un an ou deux. J’observe le fonctionnement de la paroisse, mais sans vraiment participer pour l’instant car je dois encore perfectionner mon français. »

Comment se présente ­votre avenir ?

« Normalement, je serai diacre en 2014 et prêtre en 2015. Dans le cadre de l’échange Inde-France, je me suis engagé à exercer mon ministère en France pendant cinq ans. Ensuite, je ne sais pas si je retournerai chez moi. L’Inde me manque, bien sûr, mais ce sera à mes supérieurs de décider. »

Pour finir, quel regard avez-vous sur la France ?

« Chez moi, la religion est au cœur du quotidien, les prêtres sont des gens importants socialement parlant. Ici, c’est souvent difficile de parler religion, surtout catholique. C’est une chose qui m’a beaucoup surpris ! »

(1) En Inde, plusieurs religions cohabitent dans la tolérance : l’hindouisme, l’islam, le christianisme, le sikhisme, le bouddhisme et le jaïnisme.

Source : Le Bien Public

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