Intervention du Directeur de la Confrérie Saint Sébastien le 14 janvier dernier

Chers amis nous sommes heureux de nous retrouver pour cette fête 2012 de la Saint Sébastien. C’est une joie d’être ensemble et de partager un temps de chaleureuse amitié. C’est aussi une joie d’accueillir de nouveaux confrères.

Il n’y a pas de rites initiatiques pour entrer dans la confrérie. Il n’y a pas de temps de probation ou l’on fait « mijoter » le candidat pour vérifier ce « qu’il a dans le ventre ». Rien de tout cela. C’est par parrainage. C'est-à-dire qu’un ami propose, recommande une personne en qui il a confiance, une personne non seulement intéressée mais capable d’agir en faveur d’une noble cause, celle de la charité. Nous sommes heureux d’être ensemble au service de la charité.

Les symboles que je dois vous expliquer sont des signes pour nous recentrer sur cet essentiel.

Nos symboles. Ils sont là, posés sur la table : la croix ; que le nouveau bâtonnier accueillera dans sa maison. L’eau ; elle vient des entrailles de notre beau pays. Le sel. Il ne vient pas de chez nous ! Le vin. Lui, il ira dans la cave du curé...

Depuis quand explique-t-on les symboles à chaque fête de la Saint Sébastien ? On ne sait pas trop ! Plusieurs siècles sans doute ! Il nous faut donc les recevoir comme un héritage de nos prédécesseurs, mais un héritage vivant surtout pour vous les candidats. Symboles chrétiens qu’il faut sans cesse découvrir.

Regardons d’abord la croix. Ce n’est pas une croix vide comme si on devait regarder un terrible instrument de supplice. Non les amis, non, chers confrères et futurs confrères, nous sommes bien conviés à regarder Jésus. Alors résonne en nous ces paroles du Seigneur dans l’Evangile de Jean: « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). Jésus nous montre ainsi que le sommet de notre existence c’est une vie donnée. Le sommet c’est d’aimer. Nous sommes tous capables d’aimer. Ce n’est pas une option. Quand

bien même notre nature semble tordue il y a toujours en nous une capacité à se tourner vers la vraie lumière.

Ce qui caractérise notre humanité, création de Dieu, c’est d’aimer. Saint Jean dit encore dans l'une de ses lettres : « parce que nous aimons nos frères, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie. Celui qui n’aime pas reste dans la mort » (1Jn3). Et il continue : « Voici à quoi nous avons reconnu l’amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi nous devons donner notre vie pour nos frères ». Voici la racine de notre action en faveur de la charité : l’exemple de Jésus. De plus la charité repousse la mort. C’est bon à entendre !

Saint Jean dit encore : « Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans se laisser attendrir, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? » .... Voici la suite. « Mes enfants, dit saint Jean, nous devons aimer : non pas avec des paroles et des discours mais par des actes et en vérité. En agissant ainsi, nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité, et devant Dieu nous aurons le cœur en paix ; notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connait toutes choses.»

Voilà un beau portrait du Confrère de la Saint Sébastien. Moins de paroles, plus d’action. La charité vivant en nous est à l’image de la charité de Dieu, elle vient de Dieu lui-même.

Bien sûr notre vie est parfois profondément marquée par la faiblesse, nos échecs, mais la charité, don de soi, est le chemin de notre relèvement.

Oui, chers confrères, nous sommes une confrérie chrétienne non parce que nous adhérons à une philosophie mais parce que nous croyons en Jésus. Il est au centre, rayonnant. Jésus sur la croix. Jésus sur la croix est déjà le roi victorieux. Jésus donnant tout, donnant sa vie. Jésus vraiment charitable. Avec lui nous apprenons la charité. Avec lui nous vivons. Notre premier confrère, c’est le Christ !

Chers amis nous n'en sommes qu’au premier symbole ! Dans bien des esprits je vois déjà poindre quelques vives inquiétudes et je lis dans vos pensées. « Monsieur le curé arrêtez-vous nous avons notre dose ! Et aussi : A ce rythme-la nous ne seront jamais à l’heure pour la messe ! (personne n’a pensé être en retard pour le repas... Bien sûr !!!). Rassurez-vous.

Le sel, lié autrefois au baptême, à trois principales significations. L’Ecriture sainte connait le sel comme « condiment », comme « conservateur » et comme « détersif ».

Il donne du goût. Nous pensons aux paroles de Jésus : « Vous êtes le sel de la terre » (Matt 5,13). Unis à Jésus, notre façon d’être change le monde et lui donne saveur. La charité change le monde, ne l’oublions pas ! Notre monde en crise changera si nous lui redonnons les valeurs vraies d’une vie en société respectueuse des plus faibles, des plus petits.

Le sel garde de la corruption. Ce que Jésus nous donne, il le donne pour toujours. Rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ pas même la mort. Tout ce que nous faisons de bien, de beau et de bon a une dimension éternelle.

Enfin le sel enlève les taches (je ne vous apprends rien). Jésus nous purifie de nos péchés. Et comme le rappelle saint Pierre dans sa première épitre « avant tout conservez entre vous une grande charité, car la charité couvre une multitude de péchés ».

Pour terminer je souhaite relier les deux derniers symboles : le vin et l’eau. Les unir semble une hérésie ! Je suppose qu’aujourd’hui lors de notre repas il y aura bien peu de mélange mais restons au niveau de la liturgie de l’Eglise. Rappelons-nous ce petit geste du prêtre lors de la messe. Un geste à peine perceptible. Alors que le vin est dans le calice le célébrant verse une modeste goute d’eau. Quelques paroles sont prononcées à voix basse : « Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité ». Le vin représente la divinité, l’eau notre humanité. L’image est belle ! L’humanité de Jésus est unie à sa divinité. C’est aussi l’image de notre union au Christ. Il est

notre Tête, nous sommes son Corps. De même que l’eau est absorbée par le vin, ainsi le chrétien doit-il être absorbé en Dieu par le Christ, avec le Christ, dans le Christ.

Notre action charitable n’est pas une œuvre simplement philanthropique. C’est l’action du Corps de l’Eglise. L’action du Corps du Christ que nous formons dans notre grande et belle diversité voulue par Dieu. Nous portons le Christ à nos frères pour qu’ils soient unis à lui..

Voilà chers amis, chers confrères, devant la croix de Jésus sauveur du monde, nous avons abordé des aspects de ces beaux symboles que nos pères nous ont demandé de méditer. Accueillons-les sans réserve. Et, en cette belle journée de fête et de joie, renouvelons ensemble notre engagement au service de la charité en nous unissant encore plus au Christ charitable. Alors, grandissant dans son intimité, nous l’entendrons nous redire comme ultime récompense « je ne vous appelle plus serviteurs mais amis » (Jn 15,15).

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Jacky, voici venu le moment de transmettre ta charge qui te fut confiée par tes confrères pour une année. Un an où tu as exercé ce service avec constance et persévérance. Nous avons tous apprécié l’homme méthodique, l’homme de l’organisation, l’homme des listes, des tableaux, rivé à son ordinateur (sans excès). Nous avons aussi apprécié l’homme convivial, largement souriant et s’investissant entièrement avec bonne humeur sans hésiter à dire ce qu’il pense. Mais cela enrichissait le dialogue. Nous pouvons aussi tous affirmer que le travail ne te fait pas peur et notre chère confrérie en a largement bénéficié.

Je pense que cette longue et particulière expérience de la charité dans notre paroisse, non sans émotion, a résonné dans ta vie spirituelle et a enrichi ton ministère de diacre. D’une façon

extraordinaire tu as été envoyé au cœur du service de la charité dans la communauté chrétienne.

Jacky en quittant ta charge tu ne nous quittes pas, même si dans les mois prochains ton activité professionnelle t’enverra régulièrement du côté de la région parisienne. Nous savons que tu sauras aider le futur bâtonnier dans ses premiers pas. Nous voulons te remercier. Fort de cette expérience nous souhaitons vivement, à l’exemple de tant de bâtonniers, que tu continues d’apporter une expérience et toute ta bonne volonté tellement stimulante.

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Pierre, nous sommes particulièrement heureux que tu aies accepté cette mission. Habitant Auxant avec des racines alsaciennes beaucoup te connaissent par ton investissement dans la vie associative locale et ton sens du service. Tu seras certainement un trait d’union entre nombre de personnes et la confrérie. Hier nous l’avons évoqué ensemble ; tu t’inscris maintenant dans une longue lignée de bâtonniers. Le tableau dans la chapelle saint Sébastien présente tous les noms des bâtonniers depuis le 18è siècle. Il te revient à partir d’aujourd’hui de ne pas simplement succéder mais d’agir. Tous furent invités à maintenir, à encourager, à concrétiser la charité chrétienne dans notre beau pays, et plus que dans le pays mais en premier dans le cœur des hommes de leur temps. Tu es un homme de ton temps et tu sauras certainement rejoindre ceux et celles qui sont malheureusement blessés et qui attendent le témoignage d’une vraie charité vécue aujourd’hui. Etre dans son temps mais aussi à contretemps... Chaque bâtonnier, avec ses qualités, a essayé de vivre cette mission. Honorés c’est vrai d’avoir été désignés mais aussi fiers de servir un si noble cause que celle de la charité.

Permets-moi de révéler un trait de ta personnalité : tu es un excellent cuisinier. Tu sais qu’il faut associer les ingrédients avec mesure pour obtenir une harmonie. Il faut gérer le temps de

cuisson pour un déploiement des saveurs. Tout est question d’équilibre. Ta passion t’aidera trouver une bonne recette pour servir tes frères.

Je souhaite que ce service dans notre confrérie t’offre une belle expérience de l’Eglise. C’est aussi sur ce nouveau chemin, où tu t’es généreusement engagé, que le Christ t’attend. Alors bonne route Pierre en faisant fidèle devoir. 

Abbé Paul Houdart

Bligny-sur-Ouche

Samedi 14 janvier 2012

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