Méditation du jour

« Notre Père », nous employons souvent ces mots de manière machinale, habitués que nous sommes à les prononcer dans la liturgie ou dans notre prière personnelle. Ils suffisaient pourtant à faire entrer Sainte Thérèse d’Avila dans une profonde contemplation. Elle en avait saisi la grandeur ! Pouvoir dire Notre Père à Dieu, Yahvé, le Créateur du Ciel et de la Terre, seul Jésus le peut à bon droit, lui qui est Dieu lui-même. Le Notre Père, c’est d’abord sa prière. Sa propre prière de Fils. Mais il n’a pas dit « quand je prie, je dis « Notre Père », mais bien « quand vous priez, dites « Notre Père ». Seul un ordre explicite du Christ peut nous autoriser à prononcer ces mots que nous disons souvent avec tant de désinvolture. Dieu est Dieu, et c’est par une infinie et incompréhensible miséricorde que nous sommes autorisés à l’appeler Père. Cela nous révèle notre infinie dignité. Dieu veut que nous soyons ses fils. Par le baptême, qui nous sauve en nous plongeant dans la mort et la résurrection de son Fils, il nous rend participants de sa divinité.  Dieu est notre Père. Nous sommes sa famille.  Il tient à nous comme à des enfants, c’est à dire plus qu’à la prunelle de l’œil. Il nous conduit par la main vers notre vrai bonheur. Contrairement à nos pères de la terre, il sait parfaitement ce dont nous avons besoin, et il est capable de nous le donner intégralement. Quelle paix cela doit mettre en nos âmes ! « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas plus qu’eux ? » (Mt 6,26).

La prière du Pater fait ressortir quatre attitudes d’âme doivent nous habiter en face de Dieu.

D’abord la conscience de sa grandeur. Prenons le temps de nous en pénétrer, et de nous pénétrer de notre petitesse. Sinon, la proximité qu’il nous propose risque de vite tourner à la routine, et sa miséricorde devenir pour nous quelque chose de normal, un dû.

Ensuite, la résolution de faire sa volonté : dans la prière, nous ne demandons pas que Dieu fasse notre volonté, mais qu’il ouvre notre cœur à la sienne, et qu’il nous donne la grâce de l’accomplir. Elle n’est pas le commandement arbitraire d’un tyran, mais le précepte d’un Père qui sait ce qui est bon pour ses enfants, et qui les éduque.

Ensuite, la confiance des petits. Il faut beaucoup d’humilité pour prendre conscience que nous recevons toutes choses de lui, et en premier, notre salut. Cela nous libère de nos angoisses devant la vie.

Enfin, la disposition à pardonner ceux qui nous ont offensé. Jésus insiste dessus. Elle est centrale. Nous ne pouvons pardonner que si nous avons conscience au préalable d’être nous-mêmes les bénéficiaires du pardon de Dieu. Le Christ est venu sur la terre pour pardonner les péchés des hommes, et notre disposition à pardonner nous unit à lui.

Don Claude-Noël Desjoyaux (Communauté St Martin)

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