Ne craignons pas de donner trop de place à la Vierge Marie

Le mois de mai est traditionnellement consacré à la Vierge Marie. En famille, fêtons celle que Jean-Paul II honore comme « la fille élue par le Père […], exemple parfait de l’amour envers Dieu et envers le prochain ».

C’est le mois de Marie

Zoom« L’Annonciation » (détail) par Sandro Filipepi dit Botticelli, Galerie Uffizi, Florence.
© Electa – Gettyimage

Ne craignons pas de donner trop de place à la Vierge Marie, comme s’il y avait une sorte de concurrence entre Jésus et elle.

Bien sûr, il ne faut pas tomber dans la mariolâtrie : c’est le Christ qui est au centre de notre foi, pas Marie. Mais n’oublions pas que le Malin est très… malin : pour nous dissuader de vénérer Marie, il nous persuade que nous risquons, ce faisant, de délaisser le Christ.

Au contraire, répond saint Louis-Marie Grignion de Montfort, « jamais on n’honore plus Jésus-Christ que lorsqu’on honore la Très Sainte Vierge, puisqu’on ne l’honore qu’afin d’honorer plus parfaitement Jésus-Christ, puisqu’on ne va à elle que comme la voie pour trouver le terme où on va, qui est Jésus » (Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, § 94).

D’ailleurs, pour les enfants, c’est tout simple : ils n’ont aucun scrupule à aimer Marie, et il ne leur vient même pas à l’idée que la dévotion envers la Sainte Vierge pourrait les détourner de l’amour de Jésus.

Parfois, on rencontre des parents ou des responsables d’éveil de la Foi qui pensent bien faire en parlant à peine de Marie aux petits, pour éviter les risques de confusion.

Mais c’est oublier que Marie n’est pas une idée : c’est une personne, bien vivante. Si les enfants la prient, même maladroitement, même sans avoir une idée très juste de sa place dans le plan de Dieu, elle les conduira toujours vers son Fils.

 

Honorer Marie, c’est d’abord vivre comme elle : en accomplissant la volonté de Dieu à travers les moindres « oui » de la vie quotidienne.

Hormis quelques événements essentiels, nous ne savons presque rien de la vie de Marie, parce que ce fut une vie toute simple, extraordinairement ordinaire.

Elle nous apprend que le plus important n’est pas ce qui se voit. Ce qui change le monde, ce ne sont pas des actions spectaculaires, propres à faire la une des médias. Ce qui change le monde, c’est l’adhésion aimante à la volonté de Dieu. Et cela est possible à chacun de nous, quels que soient notre âge et notre état de vie.

Honorer Marie, c’est aussi la prier. Dans la prière mariale de l’Église, deux mouvements alternent habituellement : l’un magnifie le Seigneur pour les merveilles qu’Il accomplit en Marie ; l’autre confie à Marie nos supplications et nos louanges (Cf Catéchisme de l’Église catholique, § 2 675.). C’est ce que nous exprimons dans le Je vous salue, Marie.

Avec le Notre Père, la salutation angélique est la première prière que nous pouvons apprendre aux jeunes enfants. Cela se fait naturellement s’ils entendent les plus grands prier ainsi tous les jours. Qu’ils n’en comprennent pas tous les mots ne signifie pas qu’ils prient machinalement. Ils savent bien que ces paroles sont chargées de tendresse pour la mère de Jésus, qui est aussi leur mère à eux.

Ils le savent… si on le leur dit et s’ils voient leurs parents, leurs aînés, prier avec ferveur.

 

La dévotion à Marie passe souvent par des gestes très simples, dont se gaussent parfois les esprits forts, comme si cette piété populaire ne pouvait pas être l’expression d’un amour véritable. Qu’il puisse s’y mêler un rien de superstition, voire quelques objectifs mercantiles, comme à Lourdes, ne suffit pas à les discréditer.

Avant le début de la messe dominicale, Sophie, 7 ans, demande souvent à ses parents une pièce pour mettre un cierge devant la statue de Marie : avec son petit frère, elle prie ensuite un court moment.

Bien sûr, ça l’amuse de glisser une pièce dans le tronc et d’allumer un cierge. Pourtant, la Sainte Vierge doit sourire devant ces enfants agenouillés. Et n’est-ce pas une bonne manière de se préparer à la messe ?

Marie est la mère de nos familles : honorons-la comme telle, et n’hésitons pas à lui confier sans cesse nos joies et nos soucis. En effet, soyons-en sûrs, « aucun de ceux qui ont eu recours à sa protection n’a été abandonné ».

Elle ne nous trompera jamais, ne nous fera jamais défaut, et s’effacera toujours pour laisser toute la place aux trois Personnes divines.

† Christine Ponsard

Source : Famille Chétienne

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