Peut-on critiquer les prêtres ?

Eh oui ! Les prêtres, comme tous les êtres humains, ont des défauts… Pour autant, doivent-ils être la cible des critiques des fidèles ? N’ont-ils pas plutôt besoin d’être soutenus et encouragés ? Adoptons envers eux une attitude juste, dans la vérité et la charité.

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© TOOGA COLLECTION - LIFESIZE – GETTYIMAGE

« Il a mauvais caractère... Il ne sait pas déléguer... Il n’a pas d’autorité sur les gamins du caté... Ses sermons sont trop longs... Il n’est pas assez marial... Il l’est trop...»Alors que les candidats ne se bousculent pas au portillon des séminaires diocésains, les paroissiens se plaignent souvent de leur curé (ou de son vicaire) et le critiquent derrière son dos… Quand ils ne lui tombent pas directement dessus ! 


Le respecter et l’aimer tel qu’il est

Résultat ? Blessé, le prêtre est alors tenté par le découragement. « Lui qui se donne beaucoup, tout en vivant une certaine forme de solitude, aurait au contraire besoin d’être encouragé et de se sentir respecté et aimé tel qu’il est », regrette le Père Patrick de Varax, curé de Saint-Pierre de Gex, dans le diocèse de Belley-Ars (Ain). De plus, en adoptant le parti de la critique systématique, « les fidèles scient la branche sur laquelle ils sont assis », poursuit le Père de Varax. Ce dont témoigne Claire, une mère de famille du pays de Gex : « Quand on critique à tout bout de champ les prêtres de la paroisse devant les enfants, on risque de décourager les vocations sacerdotales ».

Un nécessaire esprit critique

Cela signifie-t-il que les prêtres ne sont pas critiquables ? « Autrefois, le prêtre était sacré. On le mettait sur un piédestal, se souvient l’Abbé José Vilain, prêtre retraité du diocèse d’Angers. Or, c’est un homme comme tout le monde, avec ses qualités, mais aussi ses défauts, ses misères... » Même observation, assortie d’une mise en garde, chez le Père de Varax : « Le sacerdoce est immense, mais l’homme qui en est investi, bien qu’il tienne la place de Dieu, comme disait le Curé d’Ars, est pauvre et pécheur. Attention à ne pas l’idéaliser ».

Comme tout le monde, le prêtre commet des erreurs et des maladresses. Il peut ne pas être juste, sur le plan humain ou celui de la foi. Certains actes ou certaines paroles ne doivent pas faire l’objet d’un déni et être passés sous silence. « Il ne s’agit pas de faire un chèque en blanc au curé de la paroisse, de dire amen à tout ce qu’il dit et fait. Les fidèles doivent garder l’esprit critique », insiste le Père de Varax. Mais alors, comment le faire à bon escient ?


Le prêtre a besoin de nos prières

Une attitude « juste » repose d’abord sur le dialogue et la délicatesse. « Si quelque chose ne va pas – une maladresse, une exagération... –, il faut tout simplement aller le dire, gentiment », conseille l’Abbé Vilain. « Mon curé m’avait blessée, raconte Claire. Plutôt que de ressasser et de faire du mauvais esprit, j’ai pris mon courage à deux mains, et je suis allée lui parler, en tâchant d’y mettre les formes. » Pour le Père de Varax,« la critique faite dans la lumière et la charité est positive. Elle fait grandir toute la communauté ».

Mais dans la relation entre prêtres et paroissiens, la charité ne s’arrête pas là. En effet, le sacerdoce suppose un combat, à la hauteur des enjeux, importants : « Quand un prêtre tombe, c’est toute une communauté qui est touchée. À l’inverse, un saint prêtre est un torrent qui emporte tout », explique le Père de Varax. Satan n’avait-il pas coléré contre le Curé d’Ars : « S’il y en avait trois comme toi sur la Terre, mon royaume serait détruit » ?

C’est pourquoi le prêtre a également besoin de la prière et des sacrifices des fidèles. N’est-ce pas un juste retour des choses ? En répondant à l’appel de Dieu, le prêtre a bien tout quitté pour se mettre à leur service… Une famille a ainsi prié (et même jeûné) pour un jeune prêtre qui avait abandonné le sacerdoce un an après son ordination, demandant à la Vierge de « lui tendre une main secourable ». Suppliques entendues : quelques temps plus tard, le pasteur est « rentré à la maison ». Plus largement, Claire, qui porte les prêtres de sa paroisse dans le chapelet quotidien, prie « pour qu’ils puissent dire : “Je suis heureux parce que je suis prêtre” ».

Élisabeth de Baudoüin

Source : Famille Chrétienne

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