Comment évangéliser les jeunes à l’heure de Facebook?

Mais si les jeunes sont dans une réelle demande de spiritualité, de communion et de prière, il s’agit pour l’Eglise de leur parler un langage qu’ils peuvent comprendre et accepter. C’est que dans cette société "plurielle", note Sœur Nathalie, les jeunes sont "mosaïques". Individualisés à l’extrême, ils veulent être pris en compte dans leur singularité et se construisent principalement par expérimentations."Qui est Dieu ?" est la phrase de recherche la plus utilisée sur Google, relève Sœur Nathalie Becquart. La religieuse veut souligner par là que la recherche de sens est un élément moteur de la culture des 15-30 ans. Les efforts actuels d’évangélisation des jeunes n’ont donc rien d’un combat de Don Quichotte contre les moulins à vent. Et du vent il y en a puisque "l’Esprit souffle fort chez les jeunes", affirme la sœur xavière.

ANCIENS SCHÉMAS INADAPTÉS

Les vieux schémas d’évangélisation sont donc inadéquats, relève la religieuse. L’ancien fonctionnement "vertical" n’est plus adapté. A l’heure où les technologies nous invitent dans une ère "d’hyper-participation", la posture de "professeur" des agents pastoraux ne convient plus. Pour la conférencière, la clé est "l’horizontalité" de la relation. Les jeunes doivent être rendus acteurs de leur propre évangélisation, missionnaires de leurs pairs.

Sœur Nathalie note l’importance d’utiliser de nouveaux cadres au sein desquels les jeunes peuvent expérimenter une "rencontre personnelle avec le Christ". A l’époque, le solide établissement des structures et des institutions religieuses au sein de la société suffisait à amener les jeunes dans l’Eglise. Mais nous ne sommes plus dans une pastorale de "l’héritage", relève la religieuse. Aujourd’hui, l’Eglise doit aller vers les jeunes en parlant leur langage, en partant de leurs centres d’intérêts. Ceux-ci peuvent être aussi divers que la musique, le cinéma, l’engagement humanitaire, ou le sport. Ce sont des "portes d’entrée", souligne Sœur Nathalie. Comme les jeunes ne connaissent plus les mots de la vie spirituelle, ces activités sont une façon de les initier au langage symbolique. Il s’agit d’"une forme moderne de la parabole". Et la directrice du Service d’évangélisation de l’Eglise française d’évoquer son expérience de cours de voile, au cours desquels les jeunes, tout d’abord intéressés uniquement par l’activité nautique, se sont rapidement ouverts à un questionnement spirituel.

INITIER AU SILENCE

La pastorale doit aussi utiliser des outils de communication auxquels les jeunes sont sensibles. Sœur Nathalie mentionne principalement "les charismes, les projets et les événements". Elle note que la génération de l’écrit a laissé la place à celle de l’écran. Les jeunes sont donc plus attirés par l’image, le corporel, le gestuel. Elle relève que le pape François, rejoint complètement, avec son nouveau style de communication, ce besoin contemporain.

Sur un plan plus concret, la conférence proposée par la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg a mis en avant l’importance de la visibilité de l’Eglise sur internet. La génération dite "web2.0" a toujours comme premier réflexe de s’informer sur la toile avant de se lancer dans une quelconque démarche. Les institutions religieuses ont donc tout intérêt à posséder des sites attractifs.

Mais si Sœur Nathalie souligne que l’Eglise doit prendre en compte le besoin de "temps forts" et d’instantanéité des jeunes, celle-ci doit dans le même temps les initier à l’importance du silence et de la prière. La religieuse assure qu’une fois le smartphone éteint, les jeunes sont fortement demandeurs d’expériences qui les ramènent vers leur intériorité. Cela peut être apporté par des activités dans la nature, le chant ou la musique.

SOURCE / http://www.cath.ch/

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